Hola les amis !
Nous sommes maintenant
bien rentrés au bercail, mais nous ne vous laisserons pas sans le
traditionnel bilan de l'Argentine. Après trois belles semaines au pays
du foot, de la viande et du tango voici ce qui nous aura marqués et ce
que nous voulions partager.
L'Argentine
est un pays immense, alors évidemment il faudrait au moins deux à trois
mois pour sillonner chaque région plus en profondeur. Nous avons donc
ciblé la Patagonie et la capitale du pays pour le temps restant. La
Patagonie argentine est le prolongement logique de la partie chilienne :
sauvage, hostile, immense, venteuse, froide, mais terriblement
fascinante ! Mais après l'isolement au sud du Chili, nous avons traversé des zones clairement plus fréquentées et plus touristiques.
El
Chalten est un petit paradis de la randonnée au pied de sommets
mythiques. Nous ne comptons plus les glaciers plus gigantesques les uns
que les autres. Nous nous souviendrons longtemps du Perito Moreno, dans
les environs d'El Calafate, qui nous aura tant fascinés. Il est apparu
comme démesurément grand, mais en même temps, en l'observant, nous ne
pouvons nous empêcher de penser au réchauffement climatique qui
affaiblit tous les jours un peu plus ces immensités de glace finalement
bien fragiles...
Et puis Ushuaia, tout un symbole pour terminer un
long voyage puisque c'est le bout du monde. Enfin, plus exactement,
c'est "presque" le bout du monde. Et oui, ne perdons pas de vue la
réalité : la ville la plus au sud du continent américain est bien Puerto
Williams au Chili, et l'extrémité sud de la Terre de Feu jusqu'au Cap
Horn est bel et bien chilienne ! La région de la Terre de Feu est très
différente du reste, en grande partie à cause de sa situation
géographique et du climat associé : souvent froid, très venteux et
pluvieux. Mais la météo, plutôt clémente et agréable, nous a finalement
gâtés.
Enfin nous avons terminé par de bons moments au
cœur de la capitale argentine, Buenos Aires. Une ville très agréable, où
il a fait chaud (30-35°C) et où nous serions restés bien volontiers
plus longtemps, même après tant de temps passé loin du monde citadin.
C'est une ville avec de l'histoire, chose finalement rare dans les
autres capitales d'Amérique du Sud. Grâce à ses petits quartiers très
vivants et ses rues pavées, la capitale dégagerait presque une
atmosphère européenne, voire parisienne par endroits. Les locaux ont
d'ailleurs, en particulier ici à Buenos Aires, des traits européanisés,
rien à voir avec les boliviennes aux traits andins très marqués.
Un
élément du quotidien est incontournable en Argentine et mobilise toute
d'attention de ces messieurs : le foot... Ce n'est pas une légende !
Partout, à longueur de journée, des écrans sont allumés et diffusent un
match en direct ou en rediffusion. Championnats argentin et étrangers,
tout est sujet à discussion et à prise de parti sur le ballon rond.
Buenos Aires compte une vingtaine de clubs professionnels à elle seule,
dont le légendaire club Boca Junior. Il n'est pas rare de voir les
hommes regarder deux à trois matchs dans une soirée. Et une règle est
indérogeable pour un Argentin : dans la vie on peut changer de travail,
de voiture, de maison, de femme, de région... mais on ne change pas de
maillot!
Un autre élément fort de l'identité argentine :
le tango. Ambiance latino oblige, la musique est une composante
importante du quotidien, un peu comme en Colombie. Mais le tango apporte
une touche plus gracieuse et plus historique aussi. Nous avons surtout
dévoré des yeux les couples dansant en pleine rue, donnant l'impression
de voyager un siècle en arrière. Notre essai à l’œuvre aura été
sympathique mais finalement peu concluant... Nous avons encore du pain
sur la planche !
Concernant la langue, l'espagnol
argentin est teinté d'une nuance certaine qui déstabilise tout nouvel
arrivant. En effet, le double L se prononce "ch", et non plus "ll". Nous
étions plutôt fiers de pouvoir suivre une conversation côté chilien ces
derniers temps, mais il nous a fallu quelques jours en Argentine pour
intégrer ce nouvel accent. Bref, nous avons bien rigoché avec ché gros
cheveux archentin chur cha change !
Côté surnom, rien à se mettre sous la dent cette fois-ci.
Au menu des réjouissances gustatives, la viande truste évidement les toutes premières places. Les parillas (prononcez donc "paricha") sont
vraiment de purs délices. Bœuf, boudin noir, porc, agneaux, saucisses
et même poulet, tout est cuit sur une grille, au-dessus d'un tapis de
braises. Rien n'est carbonisé, la viande est cuite parfaitement et fond
dans la bouche. Succulent ! Par contre si on doit convertir ces kilos de
barbaque en kilos de CO2, les Argentins sont vraiment des mauvais
élèves en ce qui concerne l'avenir de la planète... Quand on pense aux
glaciers si fragiles du sud du pays, quel paradoxe... Mais les
préoccupations écologiques ne sont pas encore prioritaires ici non
plus...
Enfin la monnaie et toutes les magouilles
associées sont vraiment uniques au monde. L'économie argentine est en
chute libre avec une inflation de 30 à 40% par an, et une monnaie qui se
dévalue à vue d’œil. Une politique très protectionniste empêche toute
importation de l'étranger à moins de payer des taxes exubérantes pour
dédouaner les produits importés. Le dollar américain ou l'euro sont deux
devises très convoitées avec lesquelles nous avons pu changer à un taux
beaucoup plus avantageux que le taux officiel : 1$US pour 14Ag (peso
argentin) en moyenne dans la rue, contre 9Ag officiellement... Ce qui
nous aura permis de limiter les dépenses. L'Argentine est un pays cher,
sensiblement équivalent à la France, c'est en tous cas le plus cher que
nous avons traversé en Amérique du Sud.
Enfin ces
quelques jours avec notre Sabinita légendaire auront égayé encore un peu
plus notre quotidien de voyageur. Ce fut une visite très agréable que
nous avons beaucoup appréciée !
La bise argentine !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire